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Mise en scène de lart par léclairage

Mise en scène de l'art par l'éclairage : du White Cube neutre à la mise en scène théâtrale style Hollywood



L'éclairage génère des ambiances très différentes dans les espaces d'exposition. Ainsi, de même que les éclairages zénithaux apportent dans les ateliers classiques une lumière à la fois diffuse et tendre créant une ambiance neutre toute la journée, l'éclairage électrique à faisceau mural dégage un caractère apaisant et sobre. L'environnement idéal ainsi obtenu permet une réception neutre des œuvres d'art. De nombreux musées ont longtemps appliqué ce principe de lumière naturelle, ou bien utilisé des éclairages zénithaux diffus ou des plafonds lumineux. Une certaine monotonie peut néanmoins être ressentie dans ces espaces lors de l'observation d'œuvres d'art soumises à une présentation faiblement contrastée. Les musées historiques en particulier ont compensé cette uniformité par une variation subtile ou intense de la saturation et de la luminosité des couleurs de cimaises d’une salle à l’autre. L'éclairage permet d'obtenir un contraste comparable.

Le commissaire d'exposition peut ainsi moduler la proportion entre l'éclairage général diffus et un éclairage d'accentuation ciblé pour obtenir une ambiance neutre ou dramatique pour la salle d'expositions. À l’aide d’une infrastructure flexible de rails lumière associés à des projecteurs proposant différentes répartitions de lumière grâce à des lentilles interchangeables et une gradation confortable, le commissaire d'exposition peut à moindre coût obtenir des concepts de lumière individualisés pour des expositions successives. La technique d'éclairage LED performante contribue aux économies d'énergie et à la réalisation de solutions lumière exigeantes sur le plan de la conservation.



Éclairage lumineux et homogène pour présentation d'art neutre

Dans le cas d'une vue d'ensemble de plusieurs objets d'exposition ou d'une ambiance contemplative, il convient de restituer par l'éclairage cette atmosphère et de manifester une attitude neutre. Étant donné que la plupart des artistes travaillent dans leur atelier avec un éclairage fonctionnel et diffus, ils recherchent dans les expositions une ambiance correspondant à l'éclairage de leur propre lieu de travail. Les modernes ont toutefois mis un terme aux salles d'exposition richement décorées du 19ème siècle et présenté l'art dans des espaces vides et sobres. Le critique d'art Brian O’Doherty a retracé cette évolution dans son célèbre ouvrage « Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space » (1976). Les artistes du mouvement color-field considéraient justement ces espaces vides et neutres comme le cadre idéal pour leur art. Il revient donc au concepteur lumière de transposer cette approche dans l'éclairage comme l'explique le concepteur lumière Scott Rosenfeld à propos de la « Color Field Gallery » au Smithsonian American Art Museum de Washington : « Notre objectif pour l'éclairage de nos salles d'exposition modernes – surtout celles consacrées au color-field painting – consiste à aider les œuvres d'art à apparaître comme une extension naturelle du mur blanc. L'éclairage devrait subtilement "faire jaillir" les œuvres d'art hors du mur, sans pour autant qu'elles aient l'air "isolées par l'éclairage". Si la relation entre le mur et l'œuvre d'art est parfaite, celle-ci semblera flotter devant le mur. »

Il s'agit là d'une réelle rupture historique comme l’auteur l'explique par la suite : « C'est bien différent de la façon d'éclairer des œuvres dans nos salles d'exposition du 19ème siècle où des peintures sont suspendues devant des murs aux couleurs intenses. »
La répartition uniforme de la luminosité sur des surfaces verticales engendre par conséquent une atmosphère tendre et harmonieuse dans laquelle les images s'unissent au mur. Cette ambiance neutre est particulièrement prégnante dans le cas de grands formats. Parallèlement à la perception de l'art, l'impression spatiale est à la fois plus paisible et vaste. Les projecteurs à faisceau mural sont prédestinés pour une telle solution lumière car ils disposent d'une répartition de lumière spécifique qui permet d'atteindre la grande homogénéité recherchée dans les verticales et les horizontales. L'éclairage d'accentuation représente l'opposé théâtral dans le cas d'une exposition plus expressive où les différentes œuvres doivent se distinguer.



Éclairage de mise en scène contrasté pour une apparition dramatique

Face à l'afflux d'images du quotidien et surtout du musée, le commissaire d'exposition doit parvenir à focaliser l'attention sur chaque œuvre d'art. Dans le monde du cinéma, Hollywood a recours à un éclairage d'accentuation intense pour mettre en scène les stars sur le tapis rouge des festivals ou placer au centre de l'attention les acteurs par des contrastes clair-obscur expressifs dans les films.
Lorsque l'espace cède visuellement sa place dans les expositions, les pièces occupent alors automatiquement l'avant-plan en tant que protagonistes, ce qui facilite la concentration de l'observateur sur les œuvres d'art. Les parois sombres et colorées des musées historiques ont atteint le même résultat, avec en supplément un effet de profondeur subtil qui oriente le regard vers l'art. Cet effet formel perd souvent de sa force car les salles d'exposition modernes sont désormais dominées par des parois blanches lumineuses. La création d'un contraste de luminosité par rapport à l'environnement au moyen d'un cône lumineux nettement accentué permet néanmoins la mise en scène expressive d'une œuvre d'art individuelle et l'obtention de l'effet de profondeur décrit plus haut. L'image éclairée rejoint ainsi l'avant-plan, tandis que la surface murale devient secondaire. Le recours à différentes intensités lumineuses permet d'utiliser également l'éclairage d'accentuation pour établir des hiérarchies de perception. Le commissaire d'exposition peut ainsi établir des liens entre les œuvres et structurer l'exposition au sein d’un espace ou dans une suite de salles.

Certaines expositions présentent déjà des scènes clair-obscur contrastées avec les contenus iconographiques – notamment lorsque le photographe met en scène de façon expressive un portrait par un jeu d'ombres et de lumière dans la photographie noir et blanc. Dans ces cas, l'éclairage d'accentuation engendre une magie particulière car l'atmosphère de l'exposition restitue l'ambiance des œuvres. Le fait de faire coïncider le cône lumineux et les formats des œuvres au moyen de projecteurs à gobos aboutit à un effet fascinant car les œuvres d'art semblent éclairer d'elles-mêmes.
L'effet théâtral de mises en scènes lumineuses contrastées peut également être renforcé lorsque la lumière ne frappe plus de façon constante les images, mais lorsque l'exposition baigne dans une lumière dynamique. Peggy Guggenheim avait déjà eu recours vers 1940 à l'éclairage dynamique dans sa galerie new-yorkaise « The Art of This Century gallery » pour créer une nouvelle approche de l'art et transmettre visuellement une vie pulsative par un éclairage pulsatif. L'utilisation répétée de telles mises en scène dynamiques reposant sur l'éclairage d'accentuation risque néanmoins de devenir limité et ennuyeux à la longue. C'est pourquoi l'éclairage nécessite une infrastructure variable.



Réactivité face à des présentations successives

Étant donné que les curateurs et commissaires d'exposition doivent satisfaire des exigences d'éclairage extrêmement diverses dans les musées, la réponse semble déboucher rapidement sur des solutions lumière techniquement complexes. La variété d'échelles des œuvres d'art, mais également les différentes attentes des artistes et des curateurs internes ou externes multiplient les types d'éclairage destinés à mettre en valeur une exposition. De même, de nouvelles dispositions des cimaises peuvent nécessiter une réorganisation spatiale des appareils d'éclairage.
Les systèmes fixes qui ne répondent qu'à une seule exigence d'éclairage comme une accentuation localisée de petits objets d'exposition, le faisceau sur de grandes œuvres d'art ou le faisceau mural sur des peintures ne sont pas retenus pour des raisons économiques. Aucun musée ne peut prévoir un nombre important d'appareils d'éclairage alternatifs pour l'ensemble de ses salles. La solution semble donc résider dans une stratégie flexible et facilement manipulable. Une infrastructure flexible de rails lumière, de projecteurs et de lentilles échangeables est ainsi indispensable pour pouvoir réagir de façon appropriée à de nouveaux objets d'exposition. Les rails lumière sont prédestinés car ils facilitent le remplacement et le déplacement des appareils d'éclairage. Ils peuvent également être utilisés dans des expositions au moyen d'un adaptateur parallèlement à l'alimentation électrique d’objets d'exposition ou pour la suspension mécanique d'objets. Le second niveau de flexibilité repose sur de simples projecteurs orientés avec précision sur les différentes œuvres d'art – notamment selon l'angle d'inclinaison classique de 30° pour obtenir un modelé harmonieux avec ombres et lumière, ou selon un angle presque vertical si l’on recherche une lumière rasante expressive soulignant les textures par des ombres portées marquantes.

La troisième et décisive étape de flexibilité s'appuie sur la variabilité des répartitions de lumière – depuis une accentuation expressive jusqu'à un faisceau mural à caractère objectif. Les lentilles Spherolit interchangeables offrent au curateur une grande liberté formelle lors du choix du concept lumière et en cas d'adaptations temporaires. Ces lentilles placées devant le projecteur déterminent la répartition de lumière de l'appareil d'éclairage par les propriétés optiques des sphérolites. Les répartitions de lumière peuvent être symétriques et très étroites – avec un angle inférieur à 10° jusqu'à un faisceau large > 80°– mais aussi des rayonnements asymétriques pour un faisceau mural homogène, en passant par des répartitions de lumière à symétrie axiale pour obtenir des cônes lumineux ovales. Les lentilles Spherolit peuvent être facilement remplacées sans outils sur le boîtier optique pour obtenir rapidement une autre répartition de lumière.
Sur le plan électronique, la gradation constitue un dispositif indispensable pour la flexibilité si l’on souhaite adapter le niveau d'éclairage aux objets d'exposition sensibles – qu'il s'agisse d'une installation de commande d'éclairage, d'une commande sur le projecteur ou d'une commande mixte. Il convient certes d'optimiser la flexibilité, mais la constance s’avère également nécessaire pour certains aspects de la qualité d'éclairage. La température de couleur, ainsi que le rendu des couleurs devraient être constants d'une famille de produits à l'autre pour éviter les différences de couleur dans le cas de salles liées entre elles ou d'ajouts d'appareils d'éclairage. Un système d'éclairage à la fois simple et modulaire offrant une liberté formelle, une sécurité de conception et contribuant au fonctionnement économe de l'infrastructure technique du musée participe donc à la flexibilité.



Présentation de l'art et protection des objets d'exposition coordonnées

La présentation sophistiquée de l'art dans des salles baignées de lumière ou par une accentuation expressive est bien séduisante pour augmenter le nombre de visiteurs et attirer des partenaires financiers pour une exposition rentable. Cette stratégie n'est cependant pas exempte de conséquences négatives pour les objets d'exposition sensibles. Des réactions photochimiques irréversibles et les effets du rayonnement thermique menacent à long terme l'exposition des objets. Le signe le plus voyant est l'affadissement des couleurs sous l'effet d'un important rayonnement ultraviolet, d’où une perte expressive de l'œuvre d'art. La proportion élevée de ce rayonnement dans la lumière du jour doit être prise en compte dans le cas de fenêtres et d’ouvertures zénithales. L'éclairage électrique soumet également les œuvres d'art aux rayons ultraviolets. Le facteur de nuisance des LED modernes blanc chaud est heureusement encore plus faible que celui des lampes halogènes basse tension avec filtre UV. Le remplacement de projecteurs à incandescence comme les lampes halogènes par des LED représente un autre avantage majeur pour le conservateur : contrairement aux appareils précédents, les LED blanches n'émettent en effet aucun rayonnement infrarouge.

Recommandations d'éclairage pour les musées et galeries

  1. Mise en scène d'expositions : le concept lumière découle du concept d'exposition choisi par le commissaire. Il peut s'agir d'un éclairage uniforme ou bien d'une mise en scène contrastée avec éclairage d'accentuation et séquences d'éclairage dynamiques. Évoquez le thème de votre exposition par l'éclairage !
  2. Garantir la flexibilité : il est recommandé de prévoir une infrastructure adaptable avec des rails lumière pour pouvoir réagir à long terme à de nouvelles formes artistiques et de présentation. Des optiques interchangeables pour différents angles de rayonnement, la gradation de l'appareil d'éclairage et la commande flexible de l'éclairage garantissent également à long terme aux musées des conditions d'éclairage optimales.
  3. Prise en compte des aspects conservateurs : les exigences de conservation liées à la protection des images vont à l'encontre des exigences de luminosité minimale du spectateur. Dans un souci de protection des objets d'exposition, il est recommandé d'éviter dans la mesure du possible les spectres lumineux nocifs de la lumière naturelle ou artificielle. L'éclairage par LED blanc chaud graduable représente aujourd'hui la solution optimale pour les œuvres sensibles.
  4. Profiter de l'efficacité : la technique d'éclairage économe diminuant les coûts d'exploitation, elle permet d'augmenter les investissements dans la collection et la présentation. Une efficacité lumineuse et un rendement lumineux élevés, mais également une durée de vie prolongée permettent de réduire les coûts d'exploitation.
  5. Travailler avec un confort visuel élevé : des appareils d'éclairage sans éblouissement et correctement disposés participent à la mise en scène par l'éclairage. L'éblouissement direct ou indirect est ainsi minimisé par des surfaces vitrées en faveur d’une réception optimale des œuvres.

 
Mise en scène de lart par léclairage

Dr. Thomas Schielke

Dr. Thomas Schielke a étudié l'architecture à l'université technique de Darmstadt, Allemagne. Il travaille depuis plus de 10 ans comme rédacteur pour la communication didactique d’ERCO, fabricant d'« appareils d'éclairage ». Il a co-écrit l'ouvrage « Positions de lumière entre culture et technique ».

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